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Voir, découvrir, connaitre et partager

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Connaitre et découvrir le Monde à deux, pour un tour du Monde il n'y a pas d'âge.

Santiago de Cuba

Publié par Patrick et Annie Bernier sur 13 Octobre 2016, 18:13pm

Santiago de Cuba, deuxième ville du pays. Nous y arrivons alors qu’à Baracoa tout le monde nous déconseille d’y aller. L’ouragan « Matthew » est attendu et doit passer directement sur Santiago ! Que faire ? Notre casa est réservée,  nous devons quitter Cuba depuis cette ville ? Tant pis. L’ouragan est annoncé pour dimanche soir au plus tôt (ou lundi, ou mardi, les informations sont floues) nous faisons comme tous les touristes sous le regard attristé des habitants, nous partons. Nous en profitons pour prendre un couple franco-suisse dans la voiture. Nous apprendrons quelques jours plus tard que la ville a été détruite et que l’endroit où nous étions était inondé suite à la montée des eaux !
Nous arrivons dans notre casa en pleine préparation, comme le reste de la ville, de protection contre l’ouragan. On s’excuse de l’état de l’appartement et on nous assure qu’il n’y a rien à craindre. L’ouragan annoncé est quand même de force 4 sur un maximum de 5 ! D’ailleurs, il y a des années qu’il n’y en a pas eu un aussi violent. Pour un premier ouragan,  on ne va pas faire les choses à moitié, merci pour l’accueil,  vraiment, il ne fallait pas !
 

Santiago de Cuba

Évidemment,  ça remet un peu en cause ce qui était prévu. Nous avions loué un appartement pour, comme à La Havane, faire nos courses. La cuisinière est protégée, on a enlevé la bouteille de gaz. Pas de possibilités de se faire à manger. Toutes les fenêtres sont renforcées par un meuble renversé ou par une tôle ondulée. Pas vraiment le pied, mais il vaut mieux ça. 
Le dimanche soir,  le cyclone n’est pas là. On nous dit que son déplacement est très lent et qu’il sera là lundi soir, ou dans la nuit, ou mardi. Bref, le flou. Et pendant ce temps, tout Santiago se prépare. Tout est fermé à  l’exception des magasins d’alimentation où les queues finissent par friser l’émeute.
 

Santiago de CubaSantiago de Cuba

On enlève toutes les enseignes,  on recouvre toutes les fenêtres de planches, plus rien ne fonctionne ! Vous allez à la banque : ce n’est pas possible, on attend le cyclone. Au restaurant : non, le cyclone. 
Enfin ça y est, c’est sûr,  le cyclone passera dans la nuit de lundi à mardi.  Nos hôtes,  conscients de nos difficultés nous offrent même le dîner. Comme tout est fermé et qu’on n’ose pas sortir, les repas ont été un peu légers ces derniers temps. On apprécie ! 

On rage un peu car nous avions gardé la voiture jusqu’au jeudi pour pouvoir visiter autour de Santiago et elle passe sont temps dans un garage, « protégée » par des cartons collés sur les vitres par du gros adhésif marron. Encore quelques plans qui sautent. Maudit ouragan qui, en plus, prend son temps.
Pendant ce temps, rien ne change dans les rues. Tout le monde dehors pour discuter, comme si de rien n’était. 
Et puis la nuit, c’est le déluge. Ça y est, il est là. Une pluie torrentielle s’abat sur la ville. Pas plus forte que celle que nous avons connues en novembre ici même, sauf qu’elle va durer 2 jours sans discontinuer. Pas plus de vent que ça. Alors c’est ça ce cyclone de force 4 qui nous ennuie depuis notre arrivée à Santiago de Cuba ?  Franchement déçu, mais, comme les habitants, rassurés. Finalement, son parcours a changé et la ville a été épargnée. Depuis dimanche, elle est complètement paralysée et ne retrouvera un fonctionnement à peu près normal qu’à partir de vendredi.
Les coupures d’électricité sont de courtes durées et n’ont pas empêché la diffusion de reggaeton à fond dans les maisons. Mais dans un pays où un « bici taxi » a une sono à  faire pâlir celles de nos soirées dansantes, ce n’est pas une coupure de courant qui va empêcher quoi que ce soit.
La vie s’est arrêtée une semaine, mais tout le monde était averti, les précautions étaient prises, les populations côtières évacuées, le pays était prêt. S’il y a des dégâts matériels, il n’y a pas ou peu  (manque d’infos sur le sujet) de victimes.


Santiago de Cuba n’est pas notre ville préférée. Malheureusement, et on l’avait déjà constaté en novembre dernier, cette ville est la seule que nous ayons faite dans l’île où les gens mendient. On vous arrête juste pour vous demander de l’argent. Quand on a visité autant d’endroits comme nous l’avons fait, ça nous semble un énorme gâchis. L’afflue touristique dans cette ville, notamment pour les stages de danse, et la pauvreté de cette région a fait perdre à une partie de la population la fierté que l’on ressent chez chaque cubain au profit d’une dépendance aux touristes. Cela rend mal à l’aise. Sans cesse, on vous demande de l’argent, du shampoing, des stylos, ou alors, on vous dit avec insistance que vous avez de très belles lunettes de soleil, une belle montre, de belles chaussures, …, ce qui, quand on connaît un peu les codes de Cuba signifie : ça serait bien si tu me le donnais ! Ce pays, ce n’est pas cette mentalité, c’est vraiment très lié à cette ville, même si ponctuellement certains ont pu le vivre ailleurs.

Santiago de Cuba
Santiago de Cuba
Santiago de Cuba
Santiago de Cuba

C’est à Santiago qu’il nous faut renouveler nos visas qui ne sont valables qu’un mois. Ceci fait l’objet d’un article spécial. 
Nos quelques jours enfermés dans notre chambre avec pour seule perspective le centre ville touristique nous donnent l’envie d’évasion. Nous décidons d’une journée piscine. Ce sera à l’hôtel Melia. Il nous faudra payer 5 CUC pour l’entrée. Et puis nous craquons et nous nous laissons aller à manger un filet de bœuf délicieux. Un plat comme on ne peut en manger que dans les hôtels internationaux. Tant pis pour les économies (18 CUC par personne, plus cher que la langouste !), mais qu’est ce que ça fait du bien !
 

Santiago de Cuba

Nous retournerons une seconde fois à la piscine, cette fois à l’ hôtel Las Americas qui est en face de l’hôtel Melia, histoire de changer. Ici, le prix d’entrée est de 10 CUC par personne donnant droit à 8 CUC de consommations. On peut noter que ce qui est gratuit à La Havane est payant à Santiago. Nous aurions mieux fait de retourner au même endroit car cet hôtel n’est pas du tout conforme au standing qu’il prétend avoir. Piscine en très mauvais état, sanitaire très « moyens ».
Mais ce mauvais choix ne faisait que continuer une journée comme il en existe quelques fois, quand rien ne va.
Comme le cyclone nous a empêché de faire les sorties que nous avions prévues avec la voiture,  nous avons décidé de louer un scooter pour aller à  Siboney, qui est la ville natale de Compay Segundo et qui se trouve en bord de mer avec une plage. Depuis le vendredi nous allons chez le loueur qui nous dit à chaque fois qu’il n’y en a plus à louer, qu’on doit lui en ramener et que lundi ce devrait être bon.
Lundi matin, nous nous équipons et … toujours pas de scooter. Demain peut être. Non, demain nous avons un concert prévu l’après-midi  (la Familia Valera Miranda à la Casa de la Trova ). Alors mercredi. 
Comme notre projet est tombé à l’eau, on décide d’aller récupérer le téléphone d’Annie qui ne veut plus démarrer et que nous avons mis en réparation dans une des boutiques qui répare tout matériel informatique. En France, nous aurions changé de téléphone,  ici on le fait réparer ! Il nous en coûtera 20 CUC  (environ 20 €). Il a fallu 3 jours car il fallait récupérer un programme sur internet et, évidemment, pas d’internet dans la boutique. Bref, on pouvait le récupérer le lundi à partir de 9 heures. A 9 h 30, toujours personne, c’est fermé. Une dame nous indique qu’elle ne sait pas si la personne viendra travailler aujourd’hui. Bon, on reviendra plus tard, en attendant, allons nous connecter et prendre des nouvelles. Vers 10 h 30, retour à la boutique. Toujours fermée. On reviendra ce soir. C’est ça Cuba, on n’est jamais sûr de rien ! 
Et comme on n’a pas pu aller à la mer, allons à la piscine, ce qui nous ramène à l’hôtel Las Americas. Nous y allons en moto. Le prix qu’on nous a toujours pris est 20 pesos cubains, c’est-à-dire environ 0,80 €. C’est déjà le double de ce qu’un cubain paie. Mais bon, à ce prix là, on peut se payer un moment de frayeur. Et là nous commettons l’irréparable ! Nous ne demandons pas avant le prix de la course. Et à l’arrivée, c’est … 4 CUC, soit 100 pesos cubain ! Quand la journée est mauvaise !!!
 

Santiago de Cuba

En rentrant, nous finirons quand même par récupérer la téléphone en état de marche.
Mardi. Plus que 3 jours à Cuba. Aujourd’hui, c’est concert à la Casa de la Trova. La Familia Valera Miranda s’y produit. C’est un groupe de musiques traditionnelles que nous avons découverts lorsque nous prenions des cours de Son Cubano et que nous apprécions. Ça changera des groupes de Timba. 
A l’origine,  les Casas de la Trova ont été créés par les paysans qui se réunissaient après le travail pour jouer de la musique. A Santiago, il y a 3 salles qui sont utilisées tout au long de la journée, chacune leur tour, car il y a jusqu’à 3 concerts par jours, un à 13 heures, un à  17 heures et un à 21 heures. Il n’y se joue que de la musique traditionnelle. 
 

Santiago de Cuba

Alors qu’on se prépare, on frappe à notre porte. On nous fait comprendre qu’il faut que nous sortions nous réfugier sur la terrasse de toute urgence. Pourquoi, que se passe-t-il ? Aujourd’hui, c’est jour de fumigation. Sus aux moustiques ! La maison est enfumée en un rien de temps, nos affaires aussi, et une odeur de mazout imprègne tout ! Nous restons sur la terrasse en attendant que le produit fasse effet et que la fumée s’évacue.

Santiago de Cuba

Le concert est à 13 heures. Nous ne sommes pas déçu. Musiques originales, des musiciens qui vous serrent la main en arrivant et avec lesquels vous pouvez discuter à la fin du spectacle. On adore cette simplicité. L’entrée coûte 1 CUC par personne, la salle est ouverte sur l’extérieur et on se presse aux fenêtres pour écouter. Des couples se mettent à danser, alors nous aussi, juste devant la scène. C’est une heure de grand plaisir. Une heure seulement, car à ce prix, c’est la durée d’un concert.

Santiago de Cuba

Ce sera la même durée le soir pour le groupe qui joue à la  Claqueta où nous sommes retournés danser. L’occasion de faire quelques pas de danse avec santiagueros et santaguieras.

Santiago de Cuba

Une belle journée.
Elle sera belle aussi le lendemain. Nous réussissons à louer un scooter (25 CUC pour la journée) et nous allons à Siboney. Le village n’a rien de particulier, mais nous passons un agréable moment à la plage avec notre dernière langouste cubaine au menu. Les Doudous sont heureux !
 

Santiago de Cuba
Santiago de Cuba
Santiago de Cuba
Santiago de Cuba
Santiago de Cuba
Santiago de Cuba

Il faut repartir. Annie aura eu des frayeurs aujourd’hui, mais nous avons rompu la monotonie ! 
C’est notre dernier jour à Santiago de Cuba. Les premiers jours ont été difficiles, mais les derniers ont été très agréables.
Maintenant, il faut refaire les valises. Ça va nous faire drôle, car malgré d’énormes inconvénients, nous nous sommes attachés à cette île et à ses habitants. 
L’aventure continue. Alors adieu Cuba, Bonjour Saint Domingue ! 
 

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Septicus 14/10/2016 21:41

Il prend combien à bloc, le missile rouge???

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