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Voir, découvrir, connaitre et partager

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Connaitre et découvrir le Monde à deux, pour un tour du Monde il n'y a pas d'âge.

Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"

Publié par Patrick et Annie Bernier sur 19 Septembre 2016, 23:15pm

On attend pour entrer dans la banque
On attend pour entrer dans la banque

Avant de commencer cet article, nous voudrions bien préciser que nous n’avons pas l’intention de porter des jugements politique sur Cuba ou les autres pays que nous traverserons. Nous voulons simplement témoigner de ce que nous voyons, de ce que nous ressentons. Nous pensons juste que notre pays avec sa classe politique, de gauche comme de droite, corrompue, ses millions de chômeurs, ces gens qui vivent dans la rue ou qui meurent de froid l’hiver n’a pas de leçon à donner à qui que ce soit et nous non plus.
Cuba est un pays merveilleux. Il y fait beau, il y fait chaud toute l’année, les plages de sable sont belles, les cubaines sont belles et provoquantes, tout le monde danse, il y a de la musique partout, ….. Ça, c’est bon pour le touriste qui vient passer quelques jours ou semaines dans cette île, à l’hôtel, dans une casa ou en voyage organisé et qui ne manque de rien et qui est chouchouté. On se dit que, évidemment les cubains ne sont pas riches, il faut les aider, leur apporter des savons, des stylos, …, leur laisser nos vêtements, …
Lors de notre premier séjour à Cuba, nous aussi avons eu tendance à penser comme ça.
Cette fois-ci, nous avons choisi de vivre au plus près des habitants, en partageant leur quotidien et leurs difficultés. Alors, la réalité est moins idyllique au bout de quelques jours. C’est bien d’avoir de belles plages, mais se prélasser sur le sable blanc n’est pas une priorité ! C’est bien de vivre dans un pays où il fait chaud, mais quand on est six ou sept personnes dans un minuscule appartement sans climatisation, on se retrouve à vivre dans la rue.
Vivre comme eux, c’est aller faire les courses. Et là, on découvre un monde différent du notre. L’une des choses que l’on doit faire, c’est de regarder «l’arrivage» du jour. Car ce qui est pour nous naturel, comme acheter des œufs ou des tomates, ne l’est pas ici. Si vous n’achetez pas quand il y en a, vous n’êtes pas sûrs d’en retrouver rapidement. Nous en avons fait l’expérience. Nous voulions des œufs, nous en avons vu une fois, il y avait la queue pour en acheter, certains cubains avaient même avec eux leur carnet de rationnement. Par pudeur vis-à-vis d’eux et par le ras le bol de faire la queue, nous ne sommes pas restés …. et nous n’avons jamais revu d’œufs ! Nous avons acheté quatre tomates le deuxième jour sur un marché et n’en avons plus vu depuis. Nous pourrions multiplier les exemples. Pour les œufs , il nous a fallu demander à la propriétaire de l’appartement qui, elle, privilégiée comme elle le dit elle-même, nous en a trouvés, mais elle aussi avec difficultés. Chaque jour, plusieurs heures de queue pour se procurer le nécessaire, ça fait oublier les belles plages ! Et pas question d’y échapper, ici, rien ne se conserve, on ne peut pas acheter en grande quantité.
Il n’y a pas non plus de supermarché tels que nous les connaissons. On n’achète pas tout au même endroit. Vous voulez des yaourts ? c’est à un endroit. De l’eau ? dans le supermarché d’à côté. Et à chaque fois, il faut faire la queue pour laisser son sac à la consigne, payer à la caisse, montrer son ticket comme quoi on a bien payé ce qu’il y a dans la sac, récupérer son sac à la consigne. C’est très lourd comme organisation.
Vous voulez de l’argent à la banque ? on doit faire la queue, une carte d’accès à internet ? à la queue ! et c’est partout pareil. Faire la queue sans arrêt est très usant au bout d’un moment. Et pourtant, les cubains s’y prêtent à tout bout de champ sans jamais râler. Il y a un mot qu’il est indispensable de connaître ici. Comme je ne parle et ne comprends pas l’espagnol, je me demandais bien ce que les cubains me voulaient. En fait, le mot magique ici est : « ultimo ? qui est le dernier ?, pour prendre la place dans la file. On finit par se résigner et à demander aussi quand on arrive quelque part : Ultimo ? Les cubains se résignent à cela, ils respectent l’ordre et gare à celui qui veut resquiller, il est vite remis à sa place, au sens propre du terme ! Il a fallu nous y faire aussi.

Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"

Nous avons eu l’occasion de louer ou d’être reçu dans des appartements. Les bâtiments sont en ruine, les pièces exigües, les appartements sont surpeuplés, sans grand confort, et pourtant ils sont toujours bien tenus. Les cubains sont toujours vêtus proprement, à la mode, mais ils passent leur temps libre sur le pas de la porte, entre voisins ou copains, la musique (reggaeton) à fond dans l’appartement, discutant bruyamment et vivement. Les personnes du 3e âge regardent la télé chez elles, le son à fond, portes et fenêtres ouvertes pour essayer de capter un peu de fraîcheur. Tout ceci dans une joyeuse quincaphoni !
Ajouter à tout cela les bruits des vieilles voitures américaines, des camions et des bus, et vous avez l’un des pays le plus bruyant que nous connaissions !
Remarquables également les odeurs. Vous passez des odeurs nauséabondes des égouts ou des poubelles, des vapeurs de gasoil des véhicule, aux effluves du pain frais près d’une boulangerie, des repas qui se préparent et des parfums des personnes que vous croisez.
Tout ici est obsolète ! Le réseau électrique, la fourniture d’eau (dont nous n’avons rien compris à la distribution !), les transports, le fonctionnement des administrations. L’état des routes, des trottoirs, des façades des maisons sont lamentables. Vous vous levez le matin, pas d’eau, vous rentrez le soir, pas d’électricité. Vous ne savez jamais à quoi vous attendre. Au bout d’un moment, on devient philosophe … et on subit.
Et pourtant, nous sommes à l’aise avec ces cubains, toujours gais, aimables, prêts à nous rendre service. Pour l’instant, jamais nous ne nous sommes sentis en insécurité, bien au contraire. Quand vous restez un certain temps au même endroit, que vous partagez leur quotidien, on vous reconnait, on vous accepte et puis viennent les sourires, les signes d’amitié, on vous serre la main quand vous arrivez. Bien sûr, vous restez l’étranger, mais plus uniquement celui qui est de passage avec son appareil photo. C’est un sentiment très fort et très émouvant
Quant à la danse, rien dans la rue, mais on en reparlera dans un prochain article.
Cette expérience en immersion parmi les cubains des quartiers populaires de La Havane sera enrichissante pour nous. Elle remet beaucoup de nos habitudes de vie et de pensées en cause. Ce n’est pas forcément facile sur la durée, mais c’est aussi quelque-chose que nous cherchions en prenant notre décision.

Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"
Cuba, La Havane, vivre "comme les cubains"

Nos dépenses :
le 10 septembre : courses, 15,50 CUC, concert, 50 CUC, cartes internet, 12 CUC, fleurs, 0,20 CUC, soit un total de 77,20 CUC.
Le 11 septembre, courses, 13 CUC, repas, 3 CUC, soit un total de 16 CUC.
Le 12 septembre, locations transats et parasols, 8 CUC, repas sur la plage, 35 CUC, transport jusqu’aux plages de l’Est, 10 CUC, cocktails, 6 CUC, fruits, 0,20 CUC
Le 13 septembre, bateau, 5 CUC, train pour Matanzas, 5,75 CUC, repas, 1,10 CUC, glace, 1,75 CUC, casa à Matanzas, 25 CUC, dîner, 18 CUC, cocktails, 4 CUC
Le 14 septembre : cocas, 1 CUC, repas, 1 CUC, train pour La Havane, 5,75 CUC, eau, 2 CUC, bateau, 5 CUC, fruits, 2 CUC, boissons à l’hôtel (internet), 6 CUC
Le 15 septembre : courses, 11 CUC, repas, 1,80 CUC, cocktails, 10 CUC, cartes internet, 12 CUC
Le 16 septembre : bus pour la plage, 10 CUC, repas sur la plage, 37,50 CUC, fruits, 1 CUC
Le 17 septembre : courses, 19 CUC, repas + pain, 10 CUC

Commenter cet article

Jacqueline 20/09/2016 15:18

Très intéressant. On voyage avec vous, c'est super !

pierre 20/09/2016 11:52

Très bon article qui nous ramène à une dure réalité...

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